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Le diabète gestationnel

Le diabète gestationnel est une augmentation du taux de sucre dans le sang (glycémie) débutant ou diagnostiqué pour la première fois pendant la grossesse.

Certaines hormones produites par le placenta ont une action hyperglycémiante. De ce fait, il faut plus d’insuline pour maintenir une glycémie normale. Si le pancréas ne parvient pas à fournir la quantité nécessaire d’insuline, la glycémie augmente au-delà des valeurs normales pour la grossesse : c’est le diabète gestationnel.

Ce diabète apparaît donc avec la grossesse et disparaît pour la plupart des femmes après l’accouchement. Cependant nombre d’entre elles risquent de développer ultérieurement un diabète de type 2(2).

Le dépistage

Le dépistage du diabète gestationnel n’est pas systématique.

Sont concernées par ce dépistage les femmes enceintes présentant l’un des facteurs de risque suivants(1,2) :

  • Être âgée plus de 35 ans
  • Avoir eu un diabète gestationnel au cours d’une grossesse précédente ou avoir donné naissance à un enfant de plus de 4 kg
  • Avoir des antécédents familiaux de diabète (père, mère, frère, sœur)
  • Être en surpoids (IMC supérieur ou égal à 25 kg/m2)

À quel moment et comment se déroule le dépistage?

Au cours du premier trimestre de grossesse, une prise de sang à jeun est réalisée en laboratoire de biologie médicale. Ce test permet de dépister un diabète de type 2 méconnu (glycémie à jeun supérieure à 1,26 g/l) ou un diabète gestationnel (glycémie à jeun supérieure à 0,92 g/l).

Au cours du sixième mois (entre la 24e et la 28e semaine d’aménorrhée), un test, appelé HGPO (Hyperglycémie Provoquée Orale), est à nouveau réalisé dans un laboratoire de biologie médicale. Il consiste à :

  • Mesurer la glycémie à jeun
  • Absorber 75 g de glucose
  • Mesurer la glycémie une heure et/ou deux heures après la prise de glucose.

Le diagnostic de diabète gestationnel est établi lorsque :

  • la glycémie à jeun est supérieure ou égale à 0,92 g/l
  • et/ou la glycémie 1 h après la prise de glucose est supérieure ou égale à 1,80 g/l
  • et/ou la glycémie 2 h après la prise de glucose est supérieure ou égale à 1,53 g/l

Pour les femmes enceintes sans facteur de risque, le dépistage du diabète gestationnel est effectué selon l’avis de l’équipe médicale (en cas de prise de poids importante ou de gros bébé à l’échographie du 3e trimestre par exemple).

La prise en charge du diabète gestationnel

Limiter la prise de poids

Le premier traitement du diabète gestationnel est de limiter la prise de poids au cours de la grossesse.

Pour cela, l’observation des règles de base d’une alimentation saine et équilibrée, voire l’instauration d’une diététique personnalisée dispensée par une diététicienne spécialisée, s’avèrent nécessaires. Manger sainement et équilibré ne veut pas dire se priver et doit rester un plaisir. Toutefois, cela demande une certaine rigueur au niveau de la composition et du rythme des repas.

Par ailleurs, en l’absence de contre-indications, une activité physique régulière est également recommandée (30 minutes, 3 à 5 fois par semaine)(1) : gym douce, aquagym, vélo d’appartement, natation et bien sûr marche… Le tout est d’éviter les secousses et les sports à risque de chute. Dans tous les cas, conformez-vous aux recommandations de votre médecin.

Surveiller sa glycémie

La glycémie devra être surveillée au moins quatre fois par jour, une fois à jeun et deux heures après chaque repas, avec des objectifs glycémiques stricts(1) :

  • Glycémie inférieure à 0,95 g/l à jeun
  • Glycémie inférieure à 1,20 g/l  en postprandial (deux heures après le début du repas)

Si ces objectifs glycémiques ne sont pas atteints, un traitement par insuline sera mis en place (les médicaments oraux ne sont pas indiqués dans le traitement du diabète gestationnel).

Risques possibles du diabète gestationnel

Il n’y aura pas d’effet sur votre bébé si le diabète gestationnel a été rapidement diagnostiqué et que la prise en charge est adaptée et bien suivie.

Néanmoins, les complications les plus fréquentes sont(2) :

Pour votre bébé

  • Un poids de naissance supérieur à 4 kg (macrosomie).
  • Un traumatisme de l’épaule lié à des difficultés de « passage » lors de l’accouchement.
  • Une hypoglycémie (taux de sucre dans le sang anormalement bas) à la naissance.
  • Un risque de développer un diabète de type 2 à l’âge adulte.

Pour vous

  • Un accouchement difficile avec plus de risque de nécessiter une césarienne.
  • Un risque accru de prééclampsie.
  • Plus de risques de présenter à nouveau un diabète gestationnel lors d’une prochaine grossesse.
  • Plus de risques d’apparition, dans les années qui suivent, d’un diabète de type 2. 

Il est donc important de traiter le diabète gestationnel le plus tôt possible pour limiter ces risques.

Et après l’accouchement ?

 Les femmes qui ont eu un diabète gestationnel doivent être suivies après l’accouchement pour s’assurer que la glycémie est revenue à la normale sans traitement. C’est le plus souvent le cas.

Néanmoins, le diabète gestationnel expose à un risque sept fois plus élevé de développer ultérieurement un diabète de type 2(2). Il est donc nécessaire de rechercher un diabète de type 2, par un dépistage en laboratoire de biologie médicale :

  • Au moment de la consultation postnatale
  • Tous les un à trois ans, selon les facteurs de risque, pendant au moins 25 ans
  • Systématiquement avant d’envisager une nouvelle grossesse

Après un diabète gestationnel, il est important de conserver les bonnes habitudes mises en place pendant la grossesse, à savoir : pratiquer une activité physique régulière, adopter une alimentation saine et équilibrée, maintenir ou obtenir un poids normal.

  1. Haute Autorité de Santé (HAS). Guide parcours de soins : diabète de type 2 de l’adulte. Mars 2014
  2. J Gynecol Obstet Biol Reprod 2010 ;39 :S1-S342